Une loi doit-elle condamner celui ou celle qui se bat pour une meilleure vie?

Une loi doit-elle condamner celui ou celle qui se bat pour une meilleure vie?

Homélie du Père Etienne NEMI

Dans l’évangile de ce jour, nous voyons Jésus prendre la défense de ses disciples qui transgressent visiblement la loi, et pas n’importe quelle loi, la loi de Dieu. Ils font en effet ce qui n’est pas permis le jour du sabbat.

Cette réaction de Jésus nous pose donc une question : Toute transgression de la loi est-elle toujours passible de condamnation ? Celui qui n’obéit pas à la loi est-il toujours le mauvais ? Celui qui s’accroche et brandit la loi est-il toujours le bon ?

En effet, il s’agit ici de la faim, c’est-à-dire de la santé, de la vie qui est menacée. Ce geste des disciples qui arrachent les épis et les mangent le jour du sabbat, avant d’être une transgression aux yeux des pharisiens, est d’abord un geste de sauvegarde et de protection de la santé, de la vie menacées par la faim. Une loi doit-elle condamner celui ou celle qui se bat pour une meilleure vie, pour que sa vie ou celle des autres soit préservée ? Quel respect accorder à une loi qui condamne un acte aussi noble ?

« Si vous aviez compris ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné ceux qui n’ont pas commis de faute. » En répliquant aux pharisiens qui condamnent ses disciples, Jésus donne le vrai sens de la Loi de Dieu et même de toute loi humaine : la loi est au service de la vie, de la compassion. Et lorsqu’elle cesse d’être au service de la compassion, elle se dénature et devient même comme un instrument aux mains du Mauvais pour faire souffrir les hommes.

Les pharisiens brandissent la Loi, Jésus brandit la compassion. Et pour Jésus, la plus grande Loi, celle devant laquelle toutes les autres lois devraient s’effacer, celle pour laquelle on ne devrait pas hésiter à transgresser les autres, c’est la compassion, la charité, la défense et la protection de la vie. Et quelqu’un disait : « Il y a des cas où transgresser la loi, c’est précisément respecter son esprit. »

Jésus nous invite donc à être plus gardiens de nos frères, de leur vie, de leur bien-être, que gardiens de lois, de traditions ou de constitutions. Il nous enseigne que le juste doit être humain.

Confions au Seigneur toutes les victimes des lois inhumaines, toutes ces personnes victimes des zélés de la loi, qui sont condamnées alors même qu’elles posent des actes pour sauvegarder et protéger des vies.

Oraisons du Père Anicet AWOUBA

🌾🍂💓 Dieu a créé l’univers en six jours et s’est reposé de son œuvre le septième, les Juifs cessent alors tous travaux de la semaine durant le sabbat pour se consacrer entièrement à Dieu, corps et esprit. Cela me fait penser : et moi, de quoi devrais-je me reposer ? De critiques ? De pensées négatives ? D’égoïsme ? Comment mon âme trouve-t-elle son vrai repos ? Seigneur Jésus, je peine tellement sous le poids de mon passé, de mes soucis, des contraintes de la vie. Seigneur, je veux tout faire avec toi, en toi, pour toi.