Très souvent, on tire des conclusions alors qu’on n’a pas pris le temps de bien vivre, de bien observer

Très souvent, on tire des conclusions alors qu’on n’a pas pris le temps de bien vivre, de bien observer

Homélie du Père Etienne NEMI

Si on sait être attentif, si on sait prendre le temps de regarder, d’observer, de nous pencher, nous saurons toujours voir la main de Dieu, les signes de sa présence vivante, là où les autres ne voient que son absence ; nous saurons être en joie là où les autres sont dans la tristesse…

Il est intéressant de constater que Marie Madeleine d’une part, Simon-Pierre et « l’autre disciple », d’autre part, ne vivent pas la même chose, n’ont pas la même réaction face au tombeau vide. La première s’en va, affolée et affolant tout le monde : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Alors que les deux autres en repartent sereins, le cœur plein de joie. « Il vit, et il crut. »

S’il y a une chose qu’on pourrait reprocher à Marie Madeleine, c’est sans doute sa précipitation : « Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court trouver Simon-Pierre et l’autre disciple… » Certainement encore marquée par les terribles événements de ces derniers jours, elle reste méfiante. Apercevant que la pierre avait été enlevée du tombeau, sans prendre le temps de se rapprocher et de bien observer, elle imagine tout de suite le pire. Alors que Jésus est ressuscité, elle proclame plutôt qu’il a été enlevé… Dieu a agi, mais les traumatismes de ce qu’elle a vécu et sa précipitation lui ferment les yeux et le cœur, et ne lui permettent pas de voir ces signes, petits de par leur apparence, mais grands de par leur signification.

Comme elle, combien sommes-nous à continuer de pleurer, de nous lamenter, alors qu’il est ressuscité et qu’il y a les signes de sa victoire dans notre propre vie ?

Avec Simon-Pierre et l’autre disciple, c’est une toute autre histoire. Contrairement à Marie Madeleine, ils prennent le temps de bien regarder. L’autre disciple, arrivé le premier au tombeau, ne se contente pas d’apercevoir, il se rapproche, il se penche. Et en se penchant, il voit ce que la précipitation de Marie Madeleine ne lui avait pas permis de voir : « Les linges sont posés à plat. » Et le temps qu’il met à attendre l’arrivée de Simon-Pierre lui permet certainement de conforter ce qu’il a vu.

A son arrivée, Simon-Pierre va plus loin. « Il entre dans le tombeau. » Et en plus du linge que l’autre disciple avait déjà vu, il voit « le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. » Et l’autre disciple ne va pas se contenter de se pencher, il finit lui aussi par entrer dans le tombeau… « Il vit et il crut. »

Ces détails leur ont certainement rappelé des moments forts vécus avec Jésus. N’avait-il pas demandé de délier Lazare des linges qui le couvraient après lui avoir redonné la vie ? Ces linges qui couvraient le corps du mort ne sont-ils pas annonciateurs d’une bonne nouvelle ? Et puis, si on avait voulu voler son corps, il aurait été plus facile pour ces gens de le porter, bien enveloppé et bien lié par ces linges, que de le détacher ! Mais pour en arriver à cette compréhension, il faut prendre du temps, chose que Marie Madeleine n’avait pas faite.

Demandons à Simon-Pierre et à l’autre disciple la grâce de vivre les événements de notre vie, non pas de façon superficielle, aérienne, non pas dans la précipitation, mais en profondeur. Très souvent, on tire des conclusions alors qu’on n’a pas pris le temps de bien vivre, de bien observer. Plus on s’approche, mieux on voit. Plus on prend le temps, mieux on comprend.

Très souvent, Dieu se fait discret, il se cache derrière ce qui est petit, derrière certains « détails » de notre vie pour mieux se dire. Dans nos vies qui peuvent souvent ressembler à des tombeaux, il y a certainement des linges, un suaire… A nous de nous pencher, d’entrer, de prendre le temps de comprendre et de réaliser qu’il est vraiment ressuscité.

En ce moment, notre humanité ressemble à ce tombeau de Jésus qui a affolé Marie Madeleine. En suivant les pas de Simon-Pierre et de l’autre disciple, n’y at-il pas lieu de nous pencher, d’y entrer, et de voir des signes d’espérance, signes d’une victoire de la vie sur la mort ? C’est vrai que dans les médias et les réseaux sociaux, on rencontre plus Marie Madeleine qu’on ne rencontre Simon-Pierre ou l’autre disciple…

🌅 Père Étienne NEMI, CSSp 🌅

Oraisons du Père Anicet AWOUBA

🌾💞🥀🌹 Le Samedi Saint nous contemplons ce grand jour de silence et d’absence du Seigneur. Seigneur, je suis dans le grand silence de ce Samedi Saint, aide-moi à préparer mon cœur pour le grand mystère de la Résurrection. Que les grâces du temps pascal puissent me rapprocher de toi et de ton amour.
Bonjour et bonne Veillée Pascale !!!

🔥 PAA, CSSp 🔥 🌾💞🥀🌹