Si chacun s’attelait à chercher à produire au maximum, la vie de nos sociétés en serait totalement transformée

Si chacun s’attelait à chercher à produire au maximum, la vie de nos sociétés en serait totalement transformée

Homélie du Père Etienne NEMI

« La moisson, c’est la fin du monde… » C’est lorsque viendra le temps de la moisson que sera prononcée la sentence, que les mauvais, comme l’ivraie, seront jetés au feu, et que les justes, comme le bon grain, resplendiront dans la maison de leur père.

Il se trouve que nous ne sommes pas encore à la fin du monde et donc au temps de la moisson. Le semeur nous a semés. A nous de grandir et de laisser grandir les autres, de porter du fruit et de laisser aux autres la possibilité de porter du fruit. Nous sommes donc dans le temps de la croissance, le temps pendant lequel chacun et chacune cherche à donner le meilleur de lui-même pour produire abondamment.

Notre langage, notre attitude devraient donc être uniquement un langage et une attitude de celui ou celle qui est préoccupé par ce qu’il doit produire, et non pas le langage de celui ou celle qui est obsédé par la récolte, la sienne ou celle des autres. Si chacun s’attelait à chercher à produire au maximum, la vie de nos sociétés en serait totalement transformée. Au lieu de cela, on passe plus notre temps à vouloir récolter. Mais si tout le monde veut récolter, qui va produire ? L’un des problèmes de l’homme n’est-il pas qu’il se trompe de condition ? Seul celui qui accepte sa condition qui est de fleurir et de porter du fruit là où le semeur l’a planté s’épanouit réellement et donne satisfaction au Créateur et au monde. En revanche, celui qui oublie sa condition de semence pour s’arroger une autre condition, celle de moissonneur, ne vivra que de frustrations, pour lui-même et pour les autres.

La semence jetée en terre par le semeur ne saurait se récolter elle-même ni récolter les autres semences. Cessons d’être cette semence obsédée par le désir de se récolter elle-même ou de récolter les autres, au lieu d’être obsédée par celui de porter du fruit.

Car on est parfois tellement obsédé par la récolte qu’on en oublie de produire ou qu’on produit de mauvais fruits. Sans en être conscients, nous nous préparons à connaître le sort de l’ivraie quand sera venu le temps de la moisson.

Oraisons du Père Anicet AWOUBA

🌴🌸🍀 Dans la parabole du bon grain et de l’ivraie Jésus nous rappelle que Dieu ne se scandalise pas de voir notre cœur partagé. Il sait que le bon grain et l’ivraie se côtoient et poussent ensemble dans nos cœurs. Il sait que le combat a lieu d’abord à l’intérieur de nous et pas tant à l’extérieur. Et si Jésus ne s’en inquiète pas, pourquoi nous en inquiéterions-nous ? Offrons-lui plutôt ce que nous sommes. Cessons de nous regarder nous-mêmes et employons notre énergie à le servir. Le Seigneur se chargera de séparer lui-même le bien et le mal qui se déchirent en nous.