Occupons-nous un peu plus à nettoyer notre cœur de toute impureté

Occupons-nous un peu plus à nettoyer notre cœur de toute impureté

Homélie du Père Etienne NEMI

Apparemment, manger avec les mains sales ne semblait pas poser de problèmes majeurs aux disciples de Jésus. Pourtant, dans la religion juive, les ablutions, c’est-à-dire le fait de se laver les mains, font partie du rite qui accompagne le repas. C’est donc à juste titre que cette question est posée à Jésus par les pharisiens et les scribes : « Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? En effet, ils ne se lavent pas les mains avant de manger. »

C’est vrai que Jésus lui-même s’était déjà fait remarquer par des comportements qui heurtaient les traditions religieuses de l’époque. Par exemple, il n’hésitait pas à toucher les lépreux qui étaient considérés comme impurs, il partageait la table des collecteurs d’impôts et de pécheurs, il se laissa toucher par la femme atteinte de pertes de sang et considérée comme impure…

Pour lui, « ce n’est pas le contact avec les malades et les marginaux qui est source d’impureté, mais le regard qu’on porte sur eux. » La vraie pureté ne dépend pas de ce qui entre dans la bouche, de ce qui est extérieur, mais de ce qui est dans notre cœur.

Occupons-nous un peu plus à nettoyer notre cœur de toute impureté, de toute mauvaise pensée, au lieu de passer le temps à nous scandaliser et à stigmatiser les impuretés extérieures que l’on croit apercevoir chez nos frères et sœurs. Ne fuyons pas les fausses impuretés extérieures, alors qu’en même temps, notre cœur est le foyer des plus grandes impuretés.

Il se dit qu’un moine passa trente ans sans manger de viande. Quel bel exploit ! Quel modèle d’ascétisme et d’abstinence ! Quel héroïsme dans le jeûne ! Il pouvait en être fier. Sauf qu’il alla un jour trouver Macaire, un père du désert. Celui-ci ne tarda pas à être au courant de l’héroïsme de son visiteur. Cependant Macaire lui demanda : « Depuis combien de temps n’as-tu pas pensé du mal de ton prochain ? » A cette question, notre moine devint tout triste… Il comprit… Il se repentit.

Voilà quelqu’un qui avait passé sa vie à purifier l’extérieur et qui réalise soudain que pendant ce temps, son intérieur était souillé. Comme lui, il est peut-être temps pour nous de nous repentir.

Oraisons du Père Anicet AWOUBA

🍀💓🌿 Purifie-moi, ô Christ, avec ta Parole qui entre et sort de moi ! Libère-moi de la crainte d’être un signe de contradiction, de convaincre le monde de son péché, si ce que je fais n’est que de vivre dans la liberté des enfants de Dieu, en choisissant toujours le bien selon ton exemple, sans la peur d’être contaminé par le monde qui m’entoure, comme saint Paul confirme : « Tout est pur pour les purs ; mais pour ceux qui sont souillés et qui refusent de croire, rien n’est pur : leur intelligence, aussi bien que leur conscience, est souillée. » (Tt 1, 15)