Le lourd passé d’une personne peut nous rendre insensibles à son repentir…

Le lourd passé d’une personne peut nous rendre insensibles à son repentir…

Homélie du Père Etienne NEMI

L’évangéliste nous présente en effet l’abaissement d’une femme aux pieds de Jésus, ses pleurs, ses larmes, ses gestes de tendresse et d’amour. Cette femme, qui s’improvise chez ce pharisien où Jésus est invité, nous donne de voir l’opposition entre deux regards : le regard de Jésus et celui du pharisien.

Alors que le regard du pharisien ne va se poser que sur son passé de pécheresse, de femme de mauvaise vie, le regard de Jésus va, quant à lui, se poser sur l’espoir que représente son attitude et ses gestes.

Alors que le regard du pharisien l’enferme dans son péché, celui de Jésus l’accueille dans sa volonté d’une vie nouvelle.

Alors que le regard du pharisien voudrait la repousser à la périphérie, à bonne distance, le regard de Jésus va la mettre au centre…

Ce n’est donc pas un hasard si, entrée dans cette maison, c’est vers Jésus, le seul qui est prêt à la regarder, à l’écouter, à lui parler, à l’accueillir sans la juger, qu’elle va se diriger.

Elle a compris que son sort ne repose pas sur les jugements des autres, mais sur le regard que le Seigneur pose sur elle et sur son accueil.

Elle a compris que sa vie ne dépend pas de la condamnation que les gens ont déjà prononcée contre elle, mais de la possibilité que lui donne le Seigneur de s’ouvrir à une autre vie, à une autre façon d’être, à une autre façon de faire.

Elle a compris que ce n’est pas sur sa respectabilité qu’elle sera jugée, mais sur sa capacité à accepter la miséricorde de Dieu, à poser des gestes de reconnaissance, à aimer et à vivre selon la grâce.

« Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. » Elle est pardonnée parce qu’elle a beaucoup aimé, parce qu’elle est dans une attitude de reconnaissance et d’ouverture à la miséricorde et à la grâce de Dieu.

Parfois le lourd passé d’une personne peut nous aveugler et nous rendre insensibles à son repentir, à ses pleurs, à ses larmes… Mais la réponse de Jésus à l’attitude et aux gestes de cette femme nous apprend que les bonnes dispositions dont nous faisons preuve aujourd’hui contribuent à enterrer notre passé et à nous ouvrir un nouvel avenir.

Oraisons du Père Anicet AWOUBA

🌹🥀🌺 L’amour de Dieu et l’amour de nos frères vont toujours de pair. La compassion du Seigneur pour cette femme est évidente et touchante. Il comprend le poids qu’elle porte, il accepte ses gestes d’amour et de remerciement, il écoute ce qu’elle dit sans prononcer un mot. Il l’aime d’un amour pur, libre et gratuit, qui rend libre et invite à une réponse d’amour à son amour. Et il aime Simon avec un amour de la même qualité. L’expérience de son amour pour moi est ce qui me donne la paix. Et son désir est que je vive de cette paix.
🌱Luc 7, 36-50🌱