Ce n’est pas dans l’amour de ses amis qu’on reconnait le chrétien, mais plutôt dans l’amour de ses ennemis.

Ce n’est pas dans l’amour de ses amis qu’on reconnait le chrétien, mais plutôt dans l’amour de ses ennemis.

Homélie du Père Etienne NEMI

Hier, il nous demandait de ne pas rendre œil pour œil, dent pour dent, mais de ne pas riposter au méchant par la méchanceté.

Aujourd’hui, toujours dans la même dynamique, il nous demande, au lieu d’aimer nos prochains et de haïr nos ennemis comme nous le faisons souvent naturellement, d’aimer plutôt nos ennemis et de prier pour ceux qui nous persécutent. Jésus rejette donc cette politique qui consiste à combattre son ennemi en le massacrant. Il nous propose une autre politique, à laquelle nous ne sommes pas habitués, qui consiste à combattre son ennemi en l’aimant…

Si dans l’Ancien Testament on trouve beaucoup de textes qui demandent à massacrer l’ennemi, nous trouvons déjà des invitations à adopter une attitude bienveillante par rapport à notre ennemi. « S’il t’arrive de voir le bœuf de ton ennemi ou son âne égaré, tu le lui ramèneras. Lorsque tu vois l’âne de ton ennemi se coucher sous sa charge, tu ne l’abandonneras pas ; tu l’aideras à le décharger. » (Ex 23, 4-5)

Jésus ne demande certainement pas de trouver mon ennemi sympathique, de me coucher et de m’incliner devant le mal qu’il me fait. Il m’invite à prier pour lui et à lui faire du bien. Il ne s’agit pas seulement de ne pas lui faire de mal, de ne pas lui rendre le mal qu’il nous a fait, il s’agit d’aller plus loin, de lui faire du bien.

Et peut-être que la meilleure façon de ne plus haïr mon ennemi, celui qui me fait du mal, c’est de prier pour lui. En effet, comment pourrai-je continuer à haïr celui ou celle que je présente à la bonté et à la miséricorde de Dieu ? « Quand nous avons porté nos ennemis dans la prière, il devient difficile de maintenir l’hostilité préalable à la violence. En les approchant de nous, la prière nous protège de nos ennemis. » (Jim WALLIS). Et peut-être que si je ne peux pardonner à mon ennemi, il me reste encore la possibilité de prier pour lui, de demander à Dieu de lui pardonner, de l’aimer, de le bénir…

Et Jésus continue : si c’est pour n’aimer que ceux qui m’aiment et ne saluer que ceux qui me saluent, alors je n’ai pas besoin de l’évangile pour cela, puisque tout le monde le fait. Ce n’est pas dans l’amour de ses amis qu’on reconnait le chrétien, mais plutôt dans l’amour de ses ennemis.

Un sage disait : « Si seulement je pouvais aimer le plus proche de mes amis autant que Dieu aime le pire des pécheurs. » Voilà le chemin que nous montre notre Père.

Oraisons du Père Anicet AWOUBA

🩸🌱🌹 Jésus, je me place sous ton regard. D’un côté, je reçois tes paroles avec de l’admiration face à ton exemple, et le désir de le mettre en pratique. D’un autre, je reconnais ma faiblesse pour ne pas juger ceux qui sont différents de moi et pour pardonner ceux qui me blessent. Aide-moi à garder le regard posé sur toi, à ne pas tant regarder ma difficulté mais à faire un acte de foi et de confiance en la puissance de ta grâce qui peut agir dans mon cœur. Raffermis en moi la décision d’aimer mon prochain quel qu’il soit ; et à pardonner ceux qui m’ont offensé.
Bonjour et sainte journée !!!